Épisode 7: vois-tu ce que je vois ?

J’observe la lune depuis plusieurs heures en ce soir d’été.
Elle a des formes arrondies et un manteau rayonnant.
Elle est lumineuse avec des contours flamboyants. 
Elle se distingue clairement dans ce ciel obscur. 

Pendant que je suis là à t’observer,
Je pense à tous ces peuples sur la planète qui comme moi te regardent.

Vois-tu ce que je vois ?

Oui nous voyons la même lune.
Nous partageons cette même beauté.
On est tous sur cette planète, différents les uns des autres.

Même si notre terre est singulière,
Au-dessus de nos têtes celle qu’on voit nous est familière.
Cette lune qui, jour après jour, survole au-dessus de nos têtes,
Nous envoie des messages,
Des messages de paix, d’harmonie, de compassion et de passion.

De Kribi à Osaka,
De Besançon à Vladivostok,
De La Havane à Beijing,
De New York à Tunis.

On pourrait tous se tenir debout, lever la tête et communiquer à travers la lune,
Afin de se parler entre humains et se dire,
L’importance de s’aimer.
L’importance de s’écouter.
L’importance de se pardonner.

Car cette lune brille dans la nuit noire,
Dans l’obscurité féroce.
Cette lune brille pour nous montrer le chemin.
Et ce chemin tous ensemble nous pouvons le parcourir.

C’est le chemin de l’amour, le chemin du partage.
Brille, brille, brille, ô lune.
Éclaire-nous dans la nuit. 

Aide-nous, peuples de la terre, à sortir de l’obscurité,
À sortir de l’égoïsme,
À sortir de l’individualité,
À te regarder avec un œil de créativité.

Pour développer les meilleures facettes de soi,
Pour mieux aimer son prochain.

Pré

Épisode 6 : sourire avec les yeux

Ce matin, comme bien d’autres, avant de quitter la maison, j’ai machinalement attrapé un sac que j’ai soigneusement pris le temps de remplir de nombreux sourires.
Il y’en avait beaucoup, des sourires de toutes les couleurs, de toutes les formes, de toutes les épaisseurs.
Comme à l’accoutumée, je prévoyais les distribuer tout le long du chemin, entre la maison et l’hôpital.

Avant la pandémie, j’avais pour habitude d’en partager des centaines chaque jour.
C’était devenue une routine, presque automatique.
Répandre les sourires autour de moi, rendait mes journées fort radieuses.
Mais ce matin après avoir tourné la clé dans la porte, au moment de m’élancer sur le chemin, j’ai ressenti un sentiment très étrange.

J’avais mis mon masque sur le visage et je devais le porter tout le long de la journée.
Dans l’autobus, à l’hôpital, à l’épicerie au retour, partout !
Je me demandai alors si je réussirais à vider ce grand sac de sourire, toute cette journée.
Effectivement, dans l’autobus, je réalisai que contrairement à bien d’autres matins, le sac ne se vidait pas aussi rapidement.
Derrière le masque, les sourires avaient du mal à être partagés.

J’essayais fortement de les envoyer, de les propulser, de les diffuser à travers le masque, à travers les mouvements de la bouche, des lèvres, des joues, jusqu’aux oreilles, sans succès.
C’est alors que je réalisais que les yeux et le regard pourraient être mon nouveau distributeur de sourire.

𝐌𝐞̂𝐦𝐞 𝐬𝐢 𝐦𝐞𝐬 𝐥𝐞̀𝐯𝐫𝐞𝐬 𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐚𝐜𝐡𝐞́𝐞𝐬,
𝐌𝐞̂𝐦𝐞 𝐬𝐢 𝐦𝐚 𝐛𝐨𝐮𝐜𝐡𝐞 𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐞𝐧𝐟𝐨𝐮𝐢𝐞,
𝐀̀ 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐥’𝐞́𝐜𝐥𝐚𝐭 𝐥𝐮𝐦𝐢𝐧𝐞𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐦𝐞𝐬 𝐲𝐞𝐮𝐱, 𝐝𝐞 𝐦𝐨𝐧 𝐫𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝, 𝐉𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐚𝐠𝐞𝐫 𝐞𝐭 𝐝𝐢𝐬𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐞𝐫 𝐜𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐮𝐫𝐢𝐫𝐞𝐬.

Alors à ceux qui m’entouraient, et même à ceux qui étaient un peu plus loin, je distribuais gaiement ces sourires.
J’attrapais un rouge, j’attrapais un bleu, j’attrapais un vert et je les envoyais généreusement.
Ainsi mon sac de sourire se vidait progressivement.
Tout le long de la journée, j’en ai partagé, des dizaines, des centaines, à travers les yeux, à travers le regard.

Ce soir, je viens de quitter l’épicerie, le cœur léger car j’ai réussi à vider mon sac…mon sac de sourires.
À la caissière, j’ai envoyé le dernier avec beaucoup de générosité et elle l’a reçu de bon cœur.
Je voyais son sourire en réponse à travers ses yeux et elle voyait le mien à travers mes yeux.
Nous étions masqués tous les deux.
Nous sourions et je continuais mon chemin, mes achats à la main, le cœur léger, très léger.

𝐉’𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐬 𝐡𝐞𝐮𝐫𝐞𝐮𝐱 𝐝’𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐩𝐮 𝐝𝐢𝐬𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐞𝐫 𝐞𝐧 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐞́𝐞, 𝐭𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐮𝐫𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐦𝐨𝐧 𝐬𝐚𝐜.
𝐉’𝐚𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐯𝐢𝐝𝐞́ 𝐦𝐨𝐧 𝐬𝐚𝐜 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐫𝐢𝐫𝐞 𝐞𝐧 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐩𝐚𝐧𝐝𝐚𝐧𝐭… 𝐚̀ 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐲𝐞𝐮𝐱… 𝐚̀ 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝.


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Épisode 5 : Mais maman pourquoi le docteur ne répond pas ?

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Épisode 4: Vanessa et son fiancé !

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Épisode 3: Docteur, je ne veux pas mourir

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Épisode 2: Elle s’appelait Sandra


Épisode 1: As-tu des papiers ?