2011-2020

Épisode 10: Ma toute première fois.

La première fois que je l’ai fait, c’était dans une chambre située au cinquième étage d’un bâtiment au cœur de la ville rose, Toulouse.
J’avais à peine 20 ans et je portais ce vêtement blanc que j’aimais tant….j’étais fier quand je le portais. la blancheur de ce tissu qui couvrait tout mon corps laissait transparaître uniquement mes mains et mes doigts, et contrastait fortement avec la noirceur de ma peau d’ébène.

Je dois dire qu’à l’époque j’étais un brin excentrique. J’avais les cheveux d’un style peu commun pour un étudiant en médecine. Oui je portais des cheveux longs, tressés, aux allures de Rasta, que je nouais derrière la nuque. Ce style parfois portait à confusion sur mon identité sexuelle pour ceux qui me voyaient au loin, surtout de dos.

Ce matin là, j’étais arrivé tôt, comme à l’accoutumée, dans cette unité. J’avais commencé ma tournée habituelle de salutations. Un rituel que j’avais adopté dès mes premiers jours dans ce nouvel environnement.
Une façon de dire bonjour à ces êtres dont on m’avait confié la mission de prendre soin. Nous étions plusieurs, tous jeunes, à l’allure pour certains de post-adolescence. Nous étions tous arrivés dans cette équipe, en ce mois de novembre, depuis à peine une semaine.

Chacun de nous était assigné à 4 ou 5 patients. Parmi les miens il y’avait deux femmes et trois hommes, tous de la soixantaine. C’était une unité de chirurgie. Les patients pouvaient y séjourner pendant quelques jours, voir plusieurs semaines, dépendant de leurs conditions.

Ainsi, ma tournée matinale de salutations était un rituel pour moi et me permettait de prendre de leurs nouvelles et de savoir comment ils avaient passé la nuit, avant même la grande visite officielle que nous faisions en compagnie de nos superviseurs (internes et chefs de clinique).

J’ignorais, ce matin en arrivant, que Madeleine allait changer ma vie.

J’avais à peine poussé la porte de sa chambre que je l’entendis pousser un gémissement. Elle me semblait souffrante. Je m’approchais d’elle. Elle était encore couchée dans son lit, les draps et la couverture recouvraient tout son corps à l’exception de la tête.
Les volets étaient tirés et on apercevait à peine une lueur fine pénétrer dans la pièce. C’était l’automne dans cette ville rose que j’aimais tant.

Madeleine était d’une grande beauté du haut de sa soixantaine, les cheveux toujours bien soignés. Et de surcroît très élégante. Cela faisait trois jours qu’elle avait été hospitalisée et deux jours que sa chirurgie avait eu lieu.On lui avait fait une chirurgie sur une valve cardiaque et l’opération s’était bien déroulée.

À ma question sur l’origine de ses douleurs elle me pointait du doigt sa jambe droite tout en m’expliquant que cela avait été soudain dès son réveil ce jour.
Je découvrais délicatement la couverture de ses jambes et avec beaucoup de douceur je l’examinais en commençant par les orteils jusqu’au haut de la cuisse.
Je voyais que l’une de ses jambes, la droite était plus grosse que l’autre surtout à hauteur du mollet.
Bien que la lumière dans la pièce était assez faible je pouvais distinguer que la couleur du membre droit était d’une coloration plus vive que l’autre .

Je lui demandais de fléchir délicatement le genou et je pouvais alors constater que le ballotement de son mollet droit était complètement absent. Au toucher, je sentais une induration de ce mollet.

Pendant que je l’examinais avec beaucoup de minutie, je ressentais cette excitation si spéciale que seuls ceux de notre métier peuvent en connaître la signification. Malgré tout, je m’efforçais de ne pas laisser transparaître ce sentiment. La raison de cette excitation était simple : je m’apprêtais à poser un diagnostic.

Le diagnostic que j’avais évoqué devant elle, Madeleine, ce matin-là, cette année-là, dans cette hôpital, pour la première fois de ma vie, c’était une thrombose veineuse profonde du membre inférieur droit.

En d’autres mots, un caillot dans les veines de la jambe .
Oui, l’échographie, plus tard dans la matinée, avait confirmé le diagnostic. J’avais éprouvé de la fierté ce jour-là, de l’avoir fait pour la première fois…

D’avoir posé un diagnostic.
C’était ma première fois.
C’était la première fois que je posais un diagnostic médical.
J’avais 20 ans.
J’étais externe.
J’étais médecin.

Épisode 9: Dansons avec les mots.

Puisqu’il est nous est impossible de se toucher, dansons avec les mots.

Ce mois d’octobre 2020,
Cela fait 10 ans que je t’ai perdue de vue.
Ce mois d’octobre 2020,
Cela fait 20 ans que je t’ai un jour connue.

Quelles belles retrouvailles nous avions projeté,
Dans cette ville aux sept collines de pouvoir nous retrouver.

Il y a 10 mois de cela nous avions organisé,
Tous les détails pour pouvoir se rencontrer.
Afin que jusqu’au bout de la nuit nous pussions danser.
Comme si en 20 ans nous n’avions jamais arrêté.

Oui cela fait…
20 ans que cette musique latine rythmait nos vies.
Oui cela fait…
10 ans que je suis parti dans ce Canada bien lointain.

Souviens-toi qu’en ce mois de décembre 2019,
Ni toi, ni moi, ne savions que ce virus Corona,
Nous empêcherait de célébrer à Besançon,
Des retrouvailles après 10 ans d’éloignement.

Puisqu’il nous est impossible de se retrouver,
Puisqu’il nous est impossible de se toucher,
Puisqu’il nous est impossible de voyager,
Puisqu’il nous est impossible de danser,

Alors, il m’est venue une idée.
Et si on dansait différemment,
Et si on dansait plutôt avec les mots,
On pourrait malgré tout réussir à se connecter.
Je t’envoie une voyelle, un pas vers l’avant.
Tu me renvoies une consonne, un pas vers l’arrière.

Je lève le bras pour dessiner les accents,
Tu baisses la nuque, la tête en forme de point.

D’un tiret sur le côté, je me décale.
En point-virgule vers la gauche, tu te faufiles.

Je sens en toi, une forte envie de pivoter
Et pour cela, rien de mieux qu’un retour à la ligne.

Et si on faisait une petite parenthèse,
À la salsa on troquerait une Bachata.

Autour de nos mots on mettrait des accolades.
Afin que d’un trait d’union nos pas restent rythmés.

Entends-tu comme moi l’exclamation de la foule ?
La douceur de tes syllabes répond à leurs interrogations.

Et que dirais-tu pour terminer cette danse,
Que l’on ajoute à nos pas une belle chorégraphie.

Pour associer aux articles, différents verbes,
Et les conjuguer au temps présent comme au futur.

Aux pronoms, on identifierait des sujets
Et à ces phrases, des adverbes pour les assembler.

Afin que tous ces mots ensemble voltigent en apothéose,
Et fassent de cette danse des mots, une éternelle prose.

Épisode 8: Construire avec créativité la mémoire du futur

C’est tellement plus facile de détruire ce qui existe que de bâtir des œuvres immortelles. Car en réalité, aucune œuvre physique n’est indestructible.
À l’inverse des gestes humains, dont certains sont forts, robustes et éternels.

Il suffit d’un clic de souris pour supprimer un évènement.
Il suffit d’un coup de fil pour déprogrammer une activité .
Il suffit d’un courriel  pour annuler un rendez-vous.
Il suffit d’une lettre pour démissionner.

Et pourtant, il aura fallu parfois des mois, des années, pour bâtir, pour construire. 
Il aura fallu des bras pour rassembler, pour créer.
Il aura fallu du temps si précieux  pour façonner.
Il aura fallu de l’énergie indicible pour ériger.

Tout semble partir en fumée.
Tout semble  s’effondrer en poussière. 

Et si on prenait  le temps de faire une pause et réfléchir.
On se rendrait compte que …

Demain, on ne se souviendra pas de ce qui ne fut point. 
Demain, on ne se rappellera guère de ce qu’on ne fit pas. 
Demain, on se rappellera plutôt de ces gestes qui furent les nôtres en ces temps singuliers.

De ce coup de fil pour rassurer et consoler un proche, un inconnu.
De ces lectures qui nous ont permis de nous émerveiller.
De ce colis qu’on a envoyé pour partager.
De cette carte virtuelle ou postale qui  a remplacé la présence physique.

On se rappellera d’une chaîne de solidarité locale.
On se rappellera de l’entraide au sein de la communauté.
On se rappellera  d’une idée originale  qui nous a permis de nous stimuler.
On se rappellera de ces petits gestes de bonté qui ont donné le sourire à autrui. 

Oui, on se souviendra. 

De ces gestes,
De ces idées,
De cette énergie. 
De ces actions créatives. 

Car au fond de nous gît cette créativité. 
Tel un sac aux profondeurs infinies. 
Dans lequel nous puisons,
Des ressources pour tenir bon et s’entraider. 

Mutuellement,
Ensemble,
Avec le cœur,
Dans la sincérité.

Oui, construisons ce monde nouveau,
Avec beaucoup de  créativité. 
Une nouvelle vision du lien social.
Une nouvelle vision  de l’humanité.

Il nous  incombe de créer,
Pour demain se souvenir,

Non pas de ces événements que nous annulâmes. 
Non pas de ces rencontres que nous déprogrammâmes.
Mais de ces gestes d’amour que nous démontrâmes
Et de cette solidarité que nous manifestâmes.

Soyons collectivement créatifs  !!!

Épisode 7: vois-tu ce que je vois ?

J’observe la lune depuis plusieurs heures en ce soir d’été.
Elle a des formes arrondies et un manteau rayonnant.
Elle est lumineuse avec des contours flamboyants. 
Elle se distingue clairement dans ce ciel obscur. 

Pendant que je suis là à t’observer,
Je pense à tous ces peuples sur la planète qui comme moi te regardent.

Vois-tu ce que je vois ?

Oui nous voyons la même lune.
Nous partageons cette même beauté.
On est tous sur cette planète, différents les uns des autres.

Même si notre terre est singulière,
Au-dessus de nos têtes celle qu’on voit nous est familière.
Cette lune qui, jour après jour, survole au-dessus de nos têtes,
Nous envoie des messages,
Des messages de paix, d’harmonie, de compassion et de passion.

De Kribi à Osaka,
De Besançon à Vladivostok,
De La Havane à Beijing,
De New York à Tunis.

On pourrait tous se tenir debout, lever la tête et communiquer à travers la lune,
Afin de se parler entre humains et se dire,
L’importance de s’aimer.
L’importance de s’écouter.
L’importance de se pardonner.

Car cette lune brille dans la nuit noire,
Dans l’obscurité féroce.
Cette lune brille pour nous montrer le chemin.
Et ce chemin tous ensemble nous pouvons le parcourir.

C’est le chemin de l’amour, le chemin du partage.
Brille, brille, brille, ô lune.
Éclaire-nous dans la nuit. 

Aide-nous, peuples de la terre, à sortir de l’obscurité,
À sortir de l’égoïsme,
À sortir de l’individualité,
À te regarder avec un œil de créativité.

Pour développer les meilleures facettes de soi,
Pour mieux aimer son prochain.

Pré

Épisode 6 : sourire avec les yeux

Ce matin, comme bien d’autres, avant de quitter la maison,
j’ai machinalement attrapé un sac que j’ai soigneusement pris le temps de remplir de nombreux sourires.
Il y’en avait beaucoup, des sourires de toutes les couleurs, de toutes les formes, de toutes les épaisseurs.
Comme à l’accoutumée, je prévoyais les distribuer tout le long du chemin, entre la maison et l’hôpital.

Avant la pandémie, j’avais pour habitude d’en partager des centaines chaque jour.
C’était devenue une routine, presque automatique.
Répandre les sourires autour de moi, rendait mes journées fort radieuses.
Mais ce matin après avoir tourné la clé dans la porte, au moment de m’élancer sur le chemin, j’ai ressenti un sentiment très étrange.

J’avais mis mon masque sur le visage et je devais le porter tout le long de la journée.
Dans l’autobus, à l’hôpital, à l’épicerie au retour, partout !
Je me demandai alors si je réussirais à vider ce grand sac de sourire, toute cette journée.
Effectivement, dans l’autobus, je réalisai que contrairement à bien d’autres matins, le sac ne se vidait pas aussi rapidement.
Derrière le masque, les sourires avaient du mal à être partagés.

J’essayais fortement de les envoyer, de les propulser, de les diffuser à travers le masque, à travers les mouvements de la bouche, des lèvres, des joues, jusqu’aux oreilles, sans succès.
C’est alors que je réalisais que les yeux et le regard pourraient être mon nouveau distributeur de sourire.

𝐌𝐞̂𝐦𝐞 𝐬𝐢 𝐦𝐞𝐬 𝐥𝐞̀𝐯𝐫𝐞𝐬 𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐚𝐜𝐡𝐞́𝐞𝐬,
𝐌𝐞̂𝐦𝐞 𝐬𝐢 𝐦𝐚 𝐛𝐨𝐮𝐜𝐡𝐞 𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐞𝐧𝐟𝐨𝐮𝐢𝐞,
𝐀̀ 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐥’𝐞́𝐜𝐥𝐚𝐭 𝐥𝐮𝐦𝐢𝐧𝐞𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐦𝐞𝐬 𝐲𝐞𝐮𝐱, 𝐝𝐞 𝐦𝐨𝐧 𝐫𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝, 𝐉𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐚𝐠𝐞𝐫 𝐞𝐭 𝐝𝐢𝐬𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐞𝐫 𝐜𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐮𝐫𝐢𝐫𝐞𝐬.

Alors à ceux qui m’entouraient, et même à ceux qui étaient un peu plus loin, je distribuais gaiement ces sourires.
J’attrapais un rouge, j’attrapais un bleu, j’attrapais un vert et je les envoyais généreusement.
Ainsi mon sac de sourire se vidait progressivement.
Tout le long de la journée, j’en ai partagé, des dizaines, des centaines, à travers les yeux, à travers le regard.

Ce soir, je viens de quitter l’épicerie, le cœur léger car j’ai réussi à vider mon sac…mon sac de sourires.
À la caissière, j’ai envoyé le dernier avec beaucoup de générosité et elle l’a reçu de bon cœur.
Je voyais son sourire en réponse à travers ses yeux et elle voyait le mien à travers mes yeux.
Nous étions masqués tous les deux.
Nous sourions et je continuais mon chemin, mes achats à la main, le cœur léger, très léger.

𝐉’𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐬 𝐡𝐞𝐮𝐫𝐞𝐮𝐱 𝐝’𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐩𝐮 𝐝𝐢𝐬𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐞𝐫 𝐞𝐧 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐞́𝐞, 𝐭𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐮𝐫𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐦𝐨𝐧 𝐬𝐚𝐜.
𝐉’𝐚𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐯𝐢𝐝𝐞́ 𝐦𝐨𝐧 𝐬𝐚𝐜 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐫𝐢𝐫𝐞 𝐞𝐧 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐩𝐚𝐧𝐝𝐚𝐧𝐭… 𝐚̀ 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐲𝐞𝐮𝐱… 𝐚̀ 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝.


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Épisode 5 : Mais maman pourquoi le docteur ne répond pas ?

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Épisode 4: Vanessa et son fiancé !

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Épisode 3: Docteur, je ne veux pas mourir

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Épisode 2: Elle s’appelait Sandra


Épisode 1: As-tu des papiers ?

2000-2010

J’ai retrouvé ma plume.

J’ai retrouvé ma plume, un soir d’été.
L’encre chauffée par le soleil avait fini par couler.
Je m’empresse de vous envoyer ces quelques mots,
Pour effacer le silence qui depuis si longtemps prévaut.

Après deux années passées dans la cité des princes,
Je m’envolerai bientôt vers la cité des poètes.

Là-bas, d’autres bébés je suivrai.
Là-bas, d’autres parents j’écouterai.
Là-bas, d’autres chagrins je consolerai.
Là-bas, d’autres sourires je dessinerai.

J’espère trouver dans le flot de la Seine,
Des mots qui me permettront au pied de la tour Eiffel,
De mettre Paris, cette ville magique, en scène.
Ceci n’est qu’un au revoir teinté d’un peu de nostalgie,

En espérant que le séjour là-bas ne soit trop long,
Et que le retour vers vous se fasse avec beaucoup de richesse.
J’ai retrouvé ma plume un soir d’été,
Et je tâcherai à présent de ne plus l’égarer.


Le vrai pouvoir

Le vrai pouvoir c’est celui qui ne se vole pas.
Le vrai pouvoir c’est celui qui ne s’achète pas.
Le vrai pouvoir c’est celui qui ne se troque pas.
Le vrai pouvoir c’est celui qui se partage.

Le vrai pouvoir c’est celui qui nous reste quand on a tout donné.
Le vrai pouvoir c’est celui qui nous relève quand on est écrasé.
Le vrai pouvoir c’est celui qui rend les autres encore plus forts.
Le vrai pouvoir c’est celui qu’on a au plus profond de soi.

On se couche et on se met à rêver.
On se lève et on apprécie de marcher.
On observe et on se laisse émerveiller.
On respire et on se sent enivré.

Le vrai pouvoir … le pouvoir d’aimer.

La renaissance


Les feuilles en automne, pour un jour renaitre, sont obligées de mourir.
Secouées par le vent, elles vacillent et se laissent chuter.
Elles jonchent le sol et bruissent sous nos pas.
Les arbres dégarnis ont l’air avachis.

Renaitre c’est comme naitre à nouveau.
Renaitre c’est comme revivre.
Renaitre c’est comme réexister.
Renaitre c’est comme redécouvrir des sens, des passions, des émotions.

Il suffit de peu de lumières pour éclairer une vie entière.
Il suffit d’une faible lueur pour enfin réaliser,
Qu’il est vain de vouloir attraper l’horizon,
Si l’on n’arrive pas à saisir le bonheur qui est sous nos yeux.

L’amour c’est comme une feuille qui se balance au gré du vent.
On souffle très fort et elle s’éloigne,
On l’attrape et elle nous remplit de joie.

Donnons la parole aux enfants …..


…… .Ils ont tant de choses à nous dire,

Des choses vécues dans leur intérieur si mystérieux.
Donnons la parole aux enfants, ils ont encore peu de voix
Mais savent déjà dire des mots et des phrases si tendres.

Un regard, un sourire, une grimace, une colère
Riches expressions de la vie, d’une enfance qui se construit.
Donnons la parole aux enfants et prêtons leurs nos oreilles,

Ils ont tant de choses à nous apprendre;
Une vision du monde qui semble nous échapper.

Donnons la parole aux enfants,

Ils sont à cette place qui hier encore fût la notre.
Ils ont ces cris et ces peurs, ces rires et ces joies,
Qui hier encore devaient nous appartenir.

Donnons la parole aux enfants

Ils sont là couchés, ils sont là assis, ils sont là debout,
Et ne demandent qu’une seule chose: Une oreille attentive.

Le bruit du silence


Après l’orage, après la tempête,
Après le vent, après la foudre,
Telle une ode magique, il accourt et survole.
Au dessus de nos têtes, le voilà envahissant la scène.

Le silence est là, le silence s’installe.
Il est parfois lourd et pesant à la fois,
Mais le plus souvent, il réconforte et rassure,
Son arrivée étant synonyme de repos.

Pour quelles raisons ce silence si doux,
Fait-il peur à tant d’amoureux ?
Pour quelles raisons vouloir l’étouffer,
Par de vils mots inutilement lâchés?

Allons donc écouter le bruit du silence.
Ne rien dire, le laisser s’exprimer.
Il nous parle à tous, prêtons lui nos oreilles,
Il n’a pas de visage mais sa voix est si apaisante.

La vie du jour

Le jour, encore, s’est levé ce matin
Mais pour une fois, il ne restera pas orphelin
Je m’en vais de ce pas lui tenir la main,
Voir son visage sourire et lui sourire en refrain.

Sa mère, la nuit, s’en est allée très tôt
On l’a vu disparaître au loin sans dire un seul mot.
Et son père, l’a t- il jamais connu?
On ignore tout de lui, nul ne l’a jamais vu.

Ce jour, si timide, les yeux encore remplis de sommeil,
S’en ira grandissant, vers une adolescence sereine.
D’un pas assuré, marchant seul à l’ombre du soleil,
Il atteindra les rives du soir, sans entrave et sans peine.

S’allongeant ensuite sur sa couche, le ventre plein,
Il attendra, rempli d’espoir, un nouveau lendemain.
Dis moi ô jour, veux tu être mon copain ?
Laisse moi ô jour, t’accompagner sur ce chemin.

Le bonheur d’être heureux


C’est étrange comme la ville illuminée par les multitudes de guirlandes
Suscite en nous un sentiment intense de joie.
C’est étrange comme le simple écho d’un chant de noël
Résonne en nous si agréablement.

Les sourires, les éclats de rires,
Les regards tendres et attendrissants à la fois.
L’effervescence des préparatifs de fêtes.
Une immense frénésie partagée par tous.

Puissent ces moments de bonheur être présents toute l’année.
Puisse cette nouvelle annnée apporter à tous et toute cette joie intense,
Cette spontanéité naturelle,
Ces regards, ces émotions, ces sourires partagés.

Le bonheur d’être heureux c’est prendre conscience
Que la seule limite supérieure au bonheur
Réside en la capacité à digérer l’excès de plaisir.

Il est là le printemps

Le printemps est là, on l’a tous attendu.
Il souffle dans les cœurs un vent de gaieté;
Tendres sentiments refoulés, qui se laissent partager,
Sans aucune pudeur, tous ces cœurs mis à nu.

Il est temps de sortir et se laisser emporter.
Respirer ce parfum magique qui flotte dans le vent.
Observer les fleurs à peine éclot libérer,
Une senteur subtile qui se répand dans le temps.

On crie, on rit, on est joyeux,
Devant ce doux soleil qui sans prévenir,
Nous réchauffe telle une caresse la joue endolorie
Par tant de longues nuits de fraicheur

Ramassez une fleur qui vous tend les bras
Et dans le creux de la main, soufflez, elle s’envolera

Prendre un nouveau départ

L ‘Homme a traversé la forêt, marchant sur des branches mortes.
Le pas assuré et l’esprit alerte.
L ‘Homme a traversé le désert, les pieds dans le sable,
Le soleil sur les épaules.
L ‘Homme a traversé la mer, l’œil rivé sur l’horizon.

On s’est assis là sur cette planète et on a dû s’endormir.
Il est à présent temps de se lever et repartir.
Prendre un nouveau départ, un élan dynamique.
Les mois ont passés, on s’est découvert,

Au fil des jours, au fil des nuits,
Au fil des heures, au fil des rires
Au fil des peurs, au fil des sueurs.
Marchons ensemble vers le nouveau millénaire.

L’aube blanchit, la nuit s’éteint,
C’est l’heure de prendre ce nouveau départ …..

Le sens du vrai


Les aléas de la vie laissent peu de place à la triste monotonie.
Pouvoir agir et trancher sans aucune compassion.
Les choix, les regrets, les doutes, les indécisions,
S’entremêlent dans une immense cacophonie.

Les sensations, les émotions,
Les vibrations, les illusions,
Regarder devant soi sans éteindre le passé,
Suivre son instinct avec beaucoup de lucidité.

Le sens du vrai nous guide dans nos choix,
Nulle certitude ne se construit sans hésitations.
Etre dans le vrai et ne point regretter ses choix.
Etre dans le vrai et décider d’avancer.

Il n’est d’immuable dans la vie que les pierres qui n’ont point de cœur.
Il n’est d’immuable dans la vie que la mer qui n’à point de frontières.
Etre dans le vrai et rester soi tout simplement.
On ne choisit pas de naître mais on choisit de respirer.

Une nuit d’amour


Le soir, dans son lit, s’écoule lentement vers la nuit infinie.
Et la lune là-haut, brille fière et insolente.
Je regarde le silence tout doucement se dessiner devant moi.
Le calme soudain surgir après le dernier souffle du vent.

C’est si bon de sentir cette quiétude envahir la terre,
Un nuage de sérénité apparaître au dessus de nos têtes.
Fini les querelles, fini les tensions, fini les orages,
Laissons place à la mélodie, musique douce, musique du cœur.

Je ferme les yeux et je vois le visage radieux de l’enfant,
Le regard tourné vers le sein de sa mère,
Le corps en entier vibrant au rythme d’un bercement infini,
Douce complicité entre deux êtres si proches.

Rien n’est en effet plus beau que de voir sourire dès le réveil,
Le petit ange à la vue de sa mère, à la vue de son sein.
Rien n’est en effet plus beau que d’entendre jaillir,
Comme venant de très loin ……………… le tout premier cri.

Je revois ces enfants jouant dans une cour,
Ils viennent de très loin, d’horizon divers.
Ils sont tous différents mais ils ont la même joie dans le cœur;
L’innocence de l’enfance, le désir du partage.

Il fait nuit sur la terre mais une lueur reste présente dans nos cœurs:
L’amour ….

Demain, quel vieux serai je ?


Pourquoi est t’il si magique le soleil ?
Parce qu’il brille tous les jours dès son réveil.
Il n’attend pas sa dernière heure, l’heure de son coucher.
Pour déverser ses flots de rayons sur la planète.

Demain, quel vieux serai je ?
Si aujourd’hui je m’empêche de briller pour les autres.
Demain, quel vieux serai je ?
Si pour moi je garde mes humbles rayons sans jamais les partager.

La vie nous a prêté notre jeunesse prenons en soin.
Prendre soin de cette jeunesse c’est partager et donner en permanence,
Ce qui fait notre diversité, ce qui fait notre richesse.
Prendre soin de cette jeunesse, c’est l’entretenir pour mieux briller au quotidien.

Hier je courais vers le soleil qui plongeait lentement derrière les montagnes.
Je le regardai s’éloigner et n’arrivai pas à l’attraper.
On court et on essaie d’attraper un bonheur lointain
Alors qu’en réalité il est au fond de nous, il est en nous.

Briller pour les autres, c’est…
Un regard tendre, une parole douce, un geste attentionné.
Briller pour les autres ce sont toutes ces choses si simples,
Qu’on donne et qui ne nous enlèvent rien.

Demain, un vieil heureux, je serai
Si je pense tous les jours à briller et libérer mes rayons autour de moi.
C’est si magique de briller et éclairer tous ceux qui nous entourent.
Car en les éclairant, on s’illumine à son tour également.

L’amour


Il y’a peu de mots qui savent dire tant de choses,
L’amour est de ceux là, si simple mais si rose,
Il rapproche et unit,
Il réchauffe et nourrit.

Il console et rassure,
Il accompagne sans parure,
Il est parfois si seul et n’a besoin d’aucun artifice,
Pour se faire comprendre partout où il s’immisce.

Car même le silence parfois si détestable,
Transparaît, devenant alors adorable,
Et la longue attente au début interminable,
Se transforme en réjouissance ô combien agréable.

Il arrive et s’en va, il brûle dans le cœur,
Telle une flamme magique, s’envolant en douceur,
Il rend parfois triste, ce cœur devenant si gros,
Lorsque sa présence en face ne trouve aucun écho.

Laissant alors sur son passage, un immense flot,
Il s’en va traînant le pas, n’étant alors plus qu’un simple mot,
Mais le plus beau c’est lorsqu’à l’appel de son nom,
Il répond criant haut et fort, tout simplement sur le même ton,

Je t’aime, Je t’aime, Je t’aime………

Pourquoi je l’aime tant ?


Souvent il m’arrive à l’heure où le soleil est à son plein apogée,
De m’assoupir en me laissant bercer par sa voix.
Au fur et à mesure que le sommeil m’envahit,
J’entends ses mots s’envoler de plus en plus loin.

Je l’ai connu il y’a déjà 15 années,
Et depuis, elle ne m’a plus jamais quitté.
Même si parfois, il m’arrive de lui faire quelque infidélité,
C’est toujours avec joie que vers elle je finis par retourner.

Je l’aime de l’aube au crépuscule,
Je l’aime dans toutes les saisons,
Je l’aime dans tous les continents,
Je l’aime dans toutes ses déclinaisons.

Je ne puis me lasser d’elle,
Je ne puis m’éloigner d’elle,
Je ne puis m’ennuyer avec elle,
Je ne puis exister sans elle.

Pour quelle raison je l’aime tellement ?
C’est peut être aussi à cause de son prénom
Cette sauce piquante qui réchauffe mon cœur,
Me comble de joie et me rend tellement si heureux.

J’aime la SALSA … si simplement.